La thèse s'ouvre sur une introduction consacrée à la philosophie grecque avant Philon. De Thalès à Démocrite, la pensée grecque hésite entre l'infinité et la détermination du principe premier. De Platon aux Stoïciens, l'infini devient l'imparfait, puis l'irréel.
La thèse suit ensuite la notion en trois parties. Chez Philon d'Alexandrie et dans la tradition juive, elle passe par l'infini en soi, les puissances intermédiaires et l'extase. Chez les néopythagoriciens, Plutarque et Numénius, elle hésite. Chez Plotin enfin, elle devient le centre d'un système : l'infini en soi, l'expansion de l'infini et l'infini par concentration ou extase.
Guyot y dispose les textes de Philon et ceux des Ennéades en regard, avec le grec et la traduction. Il les commente selon trois chapitres : l'infinité divine, l'expansion de l'infini, l'extase.
Pour chaque rapprochement, il pose trois questions. L'idée a-t-elle été introduite dans la spéculation grecque par Philon plutôt que par un philosophe antérieur ? Plotin l'a-t-il reprise à Philon lui-même, et non à Plutarque ou à Numénius ? Comment l'a-t-il transformée ?
En annexe, les recensions d'Émile Bréhier de la Revue internationale de l'enseignement (1907).
L'introduction de Camille Barthélémy retrace la démonstration de Guyot et la manière dont elle a été reçue. Elle confronte les textes de Platon que Plotin invoque. Elle discute l'objection de Dodds et examine l'hypothèse indienne.
Le texte est celui de l'édition Alcan de 1906. Il a été établi sur l'exemplaire numérisé de la Bibliothèque nationale, revu sur celui de l'Université de Toronto, et ses fautes d'impression ont été corrigées. Le grec a été vérifié sur les éditions qu'utilisait Guyot : Volkmann pour Plotin, Cohn-Wendland et Mangey pour Philon.