Mysterium Magnum
Commentaire explicatif du Premier Livre de Moïse

Jacob Boehme


Réédition complète en un seul volume


MYSTERIUM MAGNUM ou Commentaire explicatif du Premier Livre de Moïse. Traduction intégrale de Samuel Jankélévitch, en un seul volume — 540 pages. Édition augmentée : sigles alchimiques rétablis, lexique, table analytique, dossier philosophique.

Jacob Boehme est un auteur notoirement rébarbatif. Il s'exprime dans les registres du mythe et de la révélation personnelle. Il forge ses métaphores avec le vocabulaire de l'alchimie, qui nous est devenu incompréhensible. Il puise ses références à la source des Écritures, que nous ne connaissons plus. Il plonge au cœur de l'abîme sans fond pour y contempler l'engendrement de Dieu du sein de la Divinité, dans le courroux et la colère.

Cette obscurité ne doit pourtant pas nous décourager. Boehme est un auteur décisif dans le développement de la philosophie occidentale.

Mysterium Magnum, Jacob Boehme

Parution : 22/08/2026

540 pages

21,6x27,9 cm

ISBN 978-2-38366-075-0

39 €

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Présentation

C'est à son intuition fondamentale, celle de l'Ungrund, que s'est abreuvé l'idéalisme allemand. Sans le cordonnier théosophe de Görlitz, jamais les Fichte, les Hegel, les Schelling n'auraient pu se libérer des geôles mentales bâties par les Hellènes. Cette pensée paradoxale, chantée plus qu'argumentée, leur a permis de s'arracher à la clarté illusoire de la métaphysique classique. Schelling surtout : avec lui, la volonté et l'Histoire entrent au cœur de la métaphysique. On sait le rôle de cette inoculation dans les développements de la modernité, dans son hubris, dans ses désastres. Mais cette exploitation, sous couvert de dépassement conceptuel et scientifique, n'a-t-elle pas manqué la singularité de Jacob Boehme ? N'a-t-elle pas tenté de résorber une irruption irréductible, qui recèle peut-être encore des possibilités inouïes ?

Le Mysterium magnum est le dernier grand livre de Boehme, achevé en 1623, un an avant sa mort. LXXX chapitres pour commenter la Genèse, verset après verset. Toute la doctrine y revient et s'y ordonne : l'Ungrund, les trois principes, les sept formes de la nature, la Vierge Sophia, la Turba. Ailleurs Boehme fulgure ; ici il avance, tenu par le fil du récit biblique. C'est son livre le plus vaste, et celui par lequel on peut entrer.

Depuis trois siècles, deux lectures se partagent Boehme. L'une vient du dehors : elle dégage le concept, établit les filiations, et met en réserve ce qui refuse de s'expliquer. L'autre entre par le dedans : elle suit l'intuition jusqu'où elle va, et tient que rien ici ne se comprend qui n'ait d'abord été éprouvé. L'intelligence d'un côté, l'expérience spirituelle de l'autre. Trois siècles n'ont pas dit laquelle a raison, et nous n'avons pas voulu trancher à la place du lecteur : le dossier philosophique placé en fin de volume donne les deux.

Cette édition

Un seul volume

La traduction de Samuel Jankélévitch, seule traduction française intégrale du Mysterium magnum, en un seul volume et à un prix raisonnable.

Les sigles alchimiques rétablis

Boehme pense avec des signes : le sel, le soufre, le mercure ne sont pas chez lui des images commodes, ce sont les premières formes de la nature. Ces sigles ont disparu des réimpressions successives, remplacés par des mots ou purement omis. Ils ont été relevés sur la traduction anglaise de John Sparrow (1654), et rendus au texte français.

Un lexique de la métaphysique boehmienne

Établi sur les rendus propres à Jankélévitch, il donne au lecteur les termes dont dépend la lecture : les trois principes, les sept propriétés, l'Ungrund, le Centrum, la Magia, la Matrix, la Turba, le Verbum Fiat.

Une table analytique

Une table analytique des quatre-vingts chapitres, qui rend le volume consultable et non plus seulement lisible.

Un dossier philosophique

En fin de volume : Émile Boutroux, Le Philosophe allemand Jacob Boehme (1888), et les études de Nicolas Berdiaev parues dans la revue La Voie.

Une note de l'éditeur sur l'établissement du texte et le parti retenu ouvre le dossier.

À propos de l'auteur

Jacob Boehme (1575-1624), cordonnier de Görlitz en Haute-Lusace, est le théosophe le plus considérable de l'Allemagne moderne. Une illumination reçue en 1600 commande toute son œuvre, dont il donne une première expression dans l'Aurora avant que l'interdiction du pasteur de la ville ne le réduise au silence pendant sept ans. Il écrit ensuite sans relâche : Les Trois Principes de l'essence divine, De la triple vie de l'homme, De la signature des choses, et enfin, en 1623, le Mysterium magnum.

Il n'argumente pas, il chante et il voit. Sa langue mêle la Bible, l'alchimie de Paracelse et une expérience intérieure qu'il tient pour la seule voie d'accès à ce dont il parle. De cette œuvre procède une postérité considérable : le piétisme, Saint-Martin et l'illuminisme français, l'idéalisme allemand par Schelling, la philosophie religieuse russe par Soloviev et Berdiaev. Hegel le nommait « le premier philosophe allemand ».

À propos du traducteur

Samuel Jankélévitch (Odessa, 1869 — Paris, 1951), médecin de formation — il soutient sa thèse à Montpellier en 1895 —, a consacré sa vie à faire passer en français une part considérable de la pensée allemande et russe. On lui doit les premières traductions françaises de Freud chez Payot dans les années 1920, l'Esthétique de Hegel en huit volumes (1944) et sa Science de la logique (1947), l'Introduction à la philosophie de la mythologie de Schelling (1945), et les grands livres de Berdiaev. Il était le père du philosophe Vladimir Jankélévitch.

Sa traduction du Mysterium magnum, parue en 1945, demeure la seule version française intégrale de l'ouvrage ; c'est elle qui est reprise ici, en un seul volume.

Autour de ce livre

Deux titres du catalogue prolongent la lecture du Mysterium magnum : Études sur Jacob Boehme, de Nicolas Berdiaev, et Studies on Jacob Böhme, édition anglaise augmentée d'une seconde étude jamais parue en anglais.